Blog UNPCP-LR (Union Nationale Pro Com Publique
Bien souvent l'exercice des tribunes libres, rendu obligatoire par la loi Démocratie de proximité, de février 2002, est fait de façon simple dans nos collectivités : on accorde une page
qu'on divise en autant de partie que de listes ou groupes politiques.... majorité comprise.
La jurisprudence du TA est venu apporter quelques précisions qui risquent fort de changer la donne...
En gros soyez prudents !
VN
Question posée au Ministère des Collectivités Territoriales, le 6 mars dernier :
Le législateur a souhaité créer les conditions d'un débat démocratique au niveau de chacune des communes de plus de 3 500 habitants en introduisant le principe d'une expression
pluraliste. En effet, si le législateur oblige les communes de 3 500 habitants et plus, qui diffusent, sous quelque forme que ce soit, un bulletin d'information générale sur les réalisations
et la gestion du conseil municipal, à réserver un espace à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale, les modalités d'application de cette disposition sont définies
par le règlement intérieur.
Ainsi, dans la plupart des cas, la majorité municipale se contente de définir un espace limité dans lequel elle s'octroie son propre espace d'expression, comme si elle n'avait
pas la possibilité de s'exprimer tout au long du bulletin municipal.
Aussi, il lui demande de bien vouloir lui préciser si la loi ne mériterait pas d'être plus précise, ceci afin de garantir l'effectivité des droits des minorités municipales et un meilleur
fonctionnement de la démocratie représentative au plan local.
La réponse apportée par le Ministère est la suivante :
L'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales (CGCT) prévoit de réserver, dans les bulletins d'information générale diffusés par les communes de 3 500 habitants
et plus, un espace réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale.
Il figure au nombre des dispositions destinées à améliorer les droits des élus minoritaires au sein du conseil municipal. Conformément à cet article, les modalités de cette disposition doivent
être définies dans le règlement intérieur. L'objet de cette mesure est de permettre aux élus d'opposition de faire connaître leur point de vue sur les affaires communales dans les organes de
communication dont disposent le maire et la majorité pour promouvoir auprès des administrés les actions et les projets relatifs à la gestion de la commune.
Le règlement intérieur doit donc déterminer l'espace réservé à l'opposition municipale, sur lequel ne doivent pas empiéter les élus appartenant à la majorité.
Ainsi, dans son jugement du 24 mars 2005 (req. n° 0202255), le tribunal administratif de Rouen a considéré qu'il résulte des termes mêmes des dispositions légales précitées,
ainsi d'ailleurs que des travaux parlementaires, que l'espace réservé à l'expression des conseillers municipaux n'appartenant pas à la majorité leur est spécifiquement dédié ; qu'ainsi,
en prévoyant que chaque liste composant le conseil municipal a accès à l'espace « libre expression » du bulletin d'information municipale, le conseil municipal a méconnu les dispositions
précitées de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.
Pour la version longue : http://questions.assemblee-nationale.fr/q12/12-119861QE.htm
N'est pas une hérésie que de considérer la totalité d'un support comme tribune de la majorité ? Car c'est bien là ce que le ministère a tranché : seules les listes des groupes minoritaires ont droit à cette page d'expression, donc tout le reste n'est que propagande politique de la majorité... à l'heure où les communicants publics font de la com publique, c'est un véritable affront qui est fait.
De plus, le réglement intérieur du Conseil qui régie ceci est voté par le Conseil lui même donc l'opposition.
Une fois de plus on mélange les genres !